1918-1993
Beauté
de la mort
Ce que je trouve beau
dans le destin humain,
malgré son apparente cruauté,
c’est que pour moi,
mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement.
Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit,
c’est un immortel qui commence.
La tombe est un
berceau.
Mourir au monde, c'est naître à l'éternité.
Car la mort n'est que
la porte noire
qui s'ouvre sur la lumière.
La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas.
Or notre âme est
immortelle.
Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort...
C’est
l’immortalité.
Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître.
Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ?
Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?
Et si naître n'est qu'une façon douloureuse d'accéder au bonheur de la vie,
pourquoi mourir ne serait-il pas qu'une
façon douloureuse
de devenir heureux?
La plus jolie chose que j'ai lue sur la mort,
c'est Victor Hugo qui l'a écrite.
C'est un admirable chant d'espérance
en même temps qu'un poème
d'immortalité.
"Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme,
ouvre le firmament,
et
que ce qu'ici bas nous prenons pour le terme,
est le commencement."
Doris Lussier
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