Le lutin de Noël
Décembre...
La valse folle des flocons forme un tapis de
blancheur,
Le radieux soleil parsème le ciel de
particules de bonheur.
Bien emmitouflé dans son manteau de duvet
Panou le lutin,
Parcourt plein de vigilance et de douceur,
la campagne jusqu'au vieux chemin.
À la maison maman affairée devant son
fourneau prépare son menu du jour de l'an.
Les casseroles sont pleines et la table bien
garnie, pour toute la maisonnée.
Au fond de son coeur une douleur, elle
voudrait bien combler les voeux de ses
enfants,
Mais hélas l’année a été dure et pas un
cadeaux à déballer tout près du vieux
foyer..
Chaque soir à genoux , elle supplie le ciel
de lui envoyer des présents,
Pour Josué une jolie paire de patins qu’il
a vu chez le marchand.
Panou avec son oreille bionique entend
toutes les prières,
Et ce soir il viendra à pas de loup combler
les voeux à sa manière.
La lune monte lentement derrière les nuages
roses,
Comme une brise légère l’âtre crache ses
spirales de fumée,
Dans l’étable l’ânon gris à côté du gros
boeuf roux rumine ses graminées,
Tandis que dans sa niche au fond de la cour
le chien se repose,
Les pâles lueurs de l’aube s‘étalent sur la
vaste étendue gelée,
Les enfants un à un sortent du lit pour
découvrir leurs trésors bien emballés,
Admirant leurs cadeaux, le coeur battant
devant tant de beautés.
Remerciant les fées qui se sont penchées sur
leurs oreillers.
Monique et Louisa caressent leur poupée de
fils d’or brodés,
Josué chausse ses patins et avec frénésie
saute sur la surface diamantée.
Ses enjambées s'élongent et s'étirent
soulevant le poids de son corps déchainé,
Il dépasse les îles et se retrouve bientôt
sur le fleuve près de l’horizon enflammé.
Tout est fantastique il est comme un oiseau
déployant ses ailes,
Le vent lui caresse le visage, il n’a aucun
effort à déployer car ses patins sont
magiques,
La surface est lisse mais il ne prend aucun
risque,
Calme, silencieux avec douceur il refait le
chemin en chantant des ritournelles.
Longtemps il se souviendra de ces escapades
enchantées,
De ces nuits d’extase où tout fut si
merveilleux,
Maintenant ses patins gisent au fond de
l‘imposant coffre de bois silencieux,
Que jadis grand-père avait de ses mains
sculptés.
Quand le temps s’arrêtera les images
défileront dans sa tête,
Au soleil de sa mémoire ses anciens patins y
trouveront une place secrète,
Et dans cette page familiale imprégnée
d‘amour,
Ces souvenirs heureux le combleront avec
humour.
Hajem novembre 2011